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ORIGINE DU NOM BEAUMONT-SUR –LEZE La plus ancienne mention faite de notre village se trouve au XI° siècle dans un acte du cartulaire de l’Abbaye de Lézat : « belmont ». A côté de la forme occitane « bèl mont » - qui sera francisée en « beau mont » - on trouve au XIII° siècle les formes latines Bellum Montem et Pulchrum Montem. Beaumont est une formation relativement récente, d’époque féodale, qui caractérise une « belle hauteur », hauteur d’où l’on pouvait surveiller la vallée de la Lèze. Les textes anciens distinguent à partir du XVI° siècle notre village en le qualifiant de Beaumont-de-Lézat ou Beaumont-Lézadois ; la dénomination Beaumont-sur-Lèze n’apparaît qu’après la révolution française de 1789. On la trouve pour la première fois dans les registres d’état civil le 22 janvier 1806 où il est fait mention de « Beaumont-sur-Lèze, 4°arrondissement du département de la Haute-Garonne ». Beaumont-sur-Lèze est la dénomination officielle depuis juin 1921.
LE FORTTrès vite, la stratégie militaire fixa un fort sur la hauteur de Beaumont. Un document tardif du XVII° siècle confirme par quelques maigres indications la présence du fort. Il s’agit de la visite pastorale effectuée en 1698 par l’archevêque de Toulouse, Monseigneur Charles de Montchal. Ce document mentionne « l’église paroissiale qui est dans le fort » et le « cimetière qui est hors la porte de la ville ». Autour du fort seigneurial et plusieurs moulons de maisons, le fort consulaire devait élever ses murailles de terre et de brique, dessinant un ovale qui épousait le relief. Le plan de l’emplacement du fort laisse apparaître une structure formée de deux ovales concentriques : l’un qui indique la localisation des fortifications, l’autre qui rythme la structure intérieure du fort. C’est au nord de cette dernière couronne que se situait le fort seigneurial. Sur le plan cadastral du début du XIX° siècle, on voit se dessiner très nettement les limites de l’ancien fort. La place, l’esplanade et les rues qui tournent autour correspondent globalement à l’emplacement des fortifications qui devaient entourer le fort consulaire. Par ailleurs, il semble que le château féodal se situait au cœur du fort sur la place des anciennes écoles au nord du village. Dans le dénombrement en date du 7 septembre 1722 par Messire Antoine de Vignolles, on lit : « Plus je possède dans le village la moitié d’un château seigneurial … aujourd’hui réduit a une vieille masure et plate forme ». Le fort seigneurial était donc déjà ruiné au début du XVIII° siècle. Des documents de la fin du XIX° siècle désignent cet endroit comme « l’emplacement du château ».
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L’EGLISE PAROISSIALE SAINT MARTIAL
L’église est dédiée à Saint-Martial. L’apôtre Saint-Martial fût un évêque envoyé en Gaule par Saint-Pierre pour évangéliser l’Aquitaine. Après avoir prêché l’évangile aux habitants de Limoges, il entreprit la conquête d’autres villes dont Toulouse et Bordeaux. Il partit de Rome, accompagné de Saint-Austriclinien et de Saint-Alpinien. Mort en chemin, Saint-Austriclinien fût ressuscité par Saint-Martial qui le toucha avec le bâton donné par Saint-Pierre. A la fin de sa vie, il devint évêque de Limoges où il mourut et fût inhumé. L’Abbaye de Saint-Martial fût fondée en 848 sur son tombeau. Saint-Martial a été l’apôtre des habitants de Toulouse. Cette ville avait écrit sa tradition sur la façade de Saint-Sernin où l’on voyait autrefois une statue de l’apôtre de l’Aquitaine, avec une inscription qui lui donnait pour auxiliaire Saint-Saturnin. De temps immémorial, dans l’église d’Aquitaine, on l’invoquait dans les litanies et les autres prières publiques au rang des apôtres et avant tous les martyrs. Le Pape Jean XIX et les conciles de Limoges et de Borges dans le XI° siècle, lui ont donné le titre d’apôtre dans lequel la Sacrée Congrégation des rites et le Papa Pie IX l’ont maintenu. Dans la calendrier liturgique, Saint-Martial est fêté le 30 juin. Une lettre de l’archevêché en date de 1884, fixe la solennité de cette fête à Beaumont-sur-Lèze. La fête de Saint-Martial est de degré double de première classe, avec octave de degré double. |
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Sous l’ancien régime, il existait une confrérie de Saint-Martial patron de la paroisse. Elle fût reconstituée le 2 février 1835 à l’initiative de l’abbé Anel, curé. L’église de Beaumont a été entièrement refaite au XIX° siècle, de 1876 à 1884, dans le goût néo-gothique, suivant les plans de l’architecte diocésain Chambert, à l’initiative de l’abbé Justrobe. Le 28 mars 1876 eut lieu la bénédiction de la première pierre, et le 7 octobre 1884 la consécration de l’église par le Cardinal Desprez, archevêque de Toulouse. De l’édifice antérieur subsiste la base du chevet avec ses contreforts d’angle à retraite et ses baies en arcs brisés obturées. L’aspect que nous connaissons aujourd’hui appartient donc au XIX° siècle, qui a homogénéisé l’intérieur par des peintures murales recouvrant la totalité des murs et de la voûte. Ces peintures furent exécutées en 1896 par le peintre Sauvinet. La décoration du XIX° siècle est très riche. Il faut noter l’ensemble des marbres (le maître autel et l’autel de la chapelle Saint-Joseph - des ateliers de M. Sixte Doat en 1881 - et l’autel de la chapelle de la Sainte-Vierge - des ateliers de M.Bergès en 1884) et les vitraux, sortis des ateliers de P. Chalons, posés en 1881-82. De plus, on mit l’accent sur l’ampleur de l’édifice compte tenu des solennités qu’autorise le triomphe de la liturgie romaine. Même si l’édifice ne présente qu’un intérêt archéologique relatif, il offre un ensemble de beaux objets remontant au début de l’Ancien régime : · Une croix processionnelle du XVI° siècle, œuvre de Pierre Lèzat, argentier de Toulouse. · Une grande statue en bois doré et peint de Saint-Martial des XVII°-XVIII° siècles. · Deux bustes reliquaires de Saint-Martial et de Saint-Prim en bois peint et doré des XVII°/XVIII° siècles. · Une Vierge à l’Enfant, de belle facture, du XIX° siècle. · Deux tableaux du début du XIX° siècle représentant la Cène et Jésus-Christ remis à sa Mère. Sont aussi à voir dans les fonts baptismaux : · La pierre funéraire de Bernard Siola, notaire, avec la date 1339 et deux écussons. · Un bas-relief de pierre très usé, du XVI° siècle, encastré dans le mur, représentant le Christ aux liens, accompagné de la Vierge, de Saint-Jean et des donateurs et encadré par les instruments de la passion. · La pierre tombale de Marie-Charlotte de Caulet, morte en 1684 à l’âge de 28 ans, portant gravée l’image de la jeune fille, les mains jointes et le front ceint d’une couronne. · La pierre tombale de Jean de Carrière, mort en 1772. Le clocher possède une cloche de bronze du XVI) siècle.
LA CHAPELLE SAINT-PIERRE-DE-CELLES
La plus ancienne mention faite de Saint-Pierre-de-Celles se trouve en 990, dans un acte du cartulaire de l’Abbaye de Lézat - document rassemblant les titres justifiant des propriétés immobilières de l’Abbaye, actuellement conservé à la Bibliothèque Nationale. Parmi les lieux-dits les plus anciens de Beaumont, figure d’abord celui de « Celles » qui pourrait signifier l’emplacement d’un sanctuaire d’époque gallo-romaine ou du début du Moyen age. La visite nous montre un modeste édifice à nef unique rectangulaire sans voûte et à abside semi-circulaire épaulée par deux contreforts. L’appareil de gros blocs de calcaire constituant le chevet et une partie des murs semble dater des XI°-XII° siècles. Le clocher-mur à pignon, étayé de trois contreforts, appartient par son style à la fin du XVI° siècle ou au début du XVII° siècle. Il est surmonté d’une croix fleurdelisée. Le clocher a gardé dans une de ses baies en plein cintre une cloche en bronze du XVI° siècle. Cette petite chapelle romane fort ancienne constitue l’exemple accompli de l’église romane rurale dans le Toulousain. C’est un édifice bâti « de bric et de broc » : en effet, on remarque dans les murs un enchevêtrement de plusieurs appareils de construction. Sont à remarque les marches à l’entrée et la banquette de briques qui court le long de la nef. A remarquer aussi comme dignes d’intérêt : · La statue dite de Saint-Pierre en bois polychrome des XV°-XVI° siècles. · Le crucifix en bois polychrome des XV°-XVI° siècles. · Deux panneaux de bois sculptés du XVII° siècle.
LES SEIGNEURS DE BEAUMONT ET DE RIBONNET
L’actuel territoire de la commune de Beaumont-sur-Lèze résulte de la fusion après la révolution de deux communautés distinctes : Beaumont et Ribonnet. Les documents les plus anciens semblent faire état d’une maison de Beaumont aux XI°-XII° siècles. Très vite, la seigneurie n’est plus dans les mains d’une seule famille : les Montaut en sont co-seigneurs dès le XIII° siècle jusqu’au XVII° siècle, mais à partir du XVI°, on assiste à un émiettement de la co-seigneurie. Au XVI° siècle, Beaumont est en possession des Montaut, des Noé (Dame Marie de Noé au début du XVI°), des Foix (Marguerite de Foix en 1515), etc… Au XVII° siècle, Beaumont est en possession des Rouchette, des Caulet, des Mandinelly, des Dumay, etc… Au XVIII° siècle, on trouve les familles d’Arquier, Vignolles, Carrière-Brimont, d’Ortet de Ribonnet, d’Escat de Montaut, Duffaur, Lalène, Massoc, Redon, Méric de Montgazin, etc… Dans son livre « La Haute Garonne et sa région », Léon Dutil signale qu’en 1725 la seigneurie de Beaumont-sur-Lèze était divisée en 24 portions. Trois châteaux se trouvaient sur la seigneurie : · L’ancien château qui se situait dans l’ancien fort au cœur du village. C’est la construction seigneuriale de l’époque de Beaumont et des Montaut. · Le château de Pellepoix, propriété des Arquier. La demeure actuelle, datant des années 1840-1850, ne correspond en rien à la demeure que possédaient les d’Arquier. · Le château de Vignolles, propriété des Caulet, Vignolles, Carrière-Brimont. Le château de Vignolles est une maison forte du début du XVII° siècle à l’allure classique avec quelques réminiscences du style renaissance. Nous ne trouvons trace de Ribonnet qu’au XIII° siècle. La première grande famille identifiée est celle des Dufaur ou Du Faur de Ribonnet, dont plusieurs membres furent Capitouls. Au XVII° siècle, la seigneurie passe dans les mains de la famille d’Ortet qui la conservera jusqu’à la Révolution de 1789. Le château de Ribonnet est un château « Renaissance Toulousaine » du XVI° redessiné à l’époque classique (portes et fenêtres) avec des éléments XVIII° siècle assez remarquables tel la grille d’entrée surmontée du blason des Ortet et ornée de motifs Louis XVI.
LES LIEUX-DITS
Les noms de lieux ont été formés dans la langue latine pour les plus anciens - c’est à dire pour très peu - dans la langue occitane (ou « patois ») pour la grande majorité et enfin dans la langue française pour les plus récents. Parmi les lieux-dits les plus anciens, il faut relever d’abord celui de « Celles » qui pourrait indiquer la présence d’un sanctuaire à l’époque gallo-romaine ou tout au moins romane. Notons aussi « Maurat » qui pourrai être le nom du domaine du propriétaire gallo-romain Maurus, le « fundus mauracum » devenu Maurat. Quant au nom de « Saint-Martin », à côté de Maurat, il perpétue le souvenir d’une chapelle rurale placée sous le patronage de ce saint. Le nom de « Pellepoix » à été laissé au début du XVII° siècle par Arnaud de Pellepoix, capitoul en 1587, bourgeois de Toulouse. Dans le même ordre d’idée, le nom de « Mandinelli » a été laissé au XVII° siècle par les Mandinelli, célèbre lignée de capitouls toulousains dont certains membres furent co-seigneurs de Beaumont. La famille de Vignolles, propriétaire du château laissé son nom au quartier. Les familles plus modestes de Beaumont ont aussi donné leur nom aux lieux qu’elles habitaient. Ainsi la famille Gélade a donné son nom au quartier de « Gélade ». Il en est de même pour de nombreux lieux-dits de Beaumont : « Ducasse », « Cahuzac », « Aujoulets », « Calac », « Cassan », « Robert », « Arpizou », « Garouste », « Le Parayre », « Barada », « La Broue », « Maduret », etc… Ces noms de famille, aujourd’hui disparues se trouvent consignés dans les registres paroissiaux d’Ancien Régime et dans les registres d’état civil. Parfois, c’est le métier du propriétaire du lieu qui a donné le nom de la ferme : · Il devait y avoir un sabotier à la métairie de « l’Escloupère ». · Un scieur au « Rességaire ». Il arrive aussi qu’un prénom ou un surnom de propriétaire reste attaché à la terre : ainsi « Blazi », « Mondou », « Peyrantony », sont des formes occitane pour Blaise, Raymond et Pierre-Antoine ; « Stevillou » pourrait signifier le « petit Etienne ». La forme de l’habitat peut-être source de dénomination : · « La borde », unité type de l’habitat rural ancien, est évoqué dans « Borde-Basse », « Borde-Blanche », « la Bourdette », « la Borde », « Bordeneuve » · « Las Tutos » et « Las Cabanos » caractérisent des habitations rudimentaires. · « Pounchet » évoquerait le petit pont sur la Lèze. La forme du terrain a aussi influencé la dénomination : · « Le Coustou » est un coteau. · « La Serre » et « Coumes petites » désignent un petit vallon. · « Las Plagnos » désigne une plaine. · Plus curieux est le nom « Trivalle » qui évoque une habitation située en bas ou en haut d’une descente. Les sonorités de la faune beaumontaise se font encore entendre dans les noms : · « Cantocoucut » qui évoque le chant du coucou, · « Cantemerle » celui du merle, · « L’Aouquo » est le mot occitan bien connu qui désigne l’oie. Certains lieux doivent leur appellation à un élément naturel qui les distingue : · La présence de la vigne est rappelée par « La Vignasse », « Le Mayol » et « Mailholas ». · Il y avait de grands prés aux « Pradasses »,des bruyères à « Las Brugues » et des genévriers à « La Génivrette ». · « Le Matalas » et « Le Mattas » pour évoquer de gros buissons, « Las Payssères » pour évoquer les pâturages. · « Malepague » (mauvaise paie) désigne une terre de peu de rapport, de même que « Piquetalent » (pique la faim). Quant aux noms français, ils sont faciles à comprendre : « Sous le Village », « La Chaussée », « Moulin à vent », « La Tuilerie », « La Plaine », « La Rivière », « La Bergerie », « Champs longs », « Le Moulin », etc… Rappelons, en guise de conclusion, que les noms de lieux-dits sont, à leur manière, un héritage historique à connaître et à préserver.
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